{"id":352,"date":"2020-05-13T05:25:16","date_gmt":"2020-05-13T04:25:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.alaouilamharzi.com\/?p=352"},"modified":"2020-05-13T05:26:48","modified_gmt":"2020-05-13T04:26:48","slug":"la-cite-des-hiboux-premier-film-marocain-sur-tazmamart","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.alaouilamharzi.com\/?p=352","title":{"rendered":"\u00ab La cit\u00e9 des hiboux \u00bb, premier film marocain sur Tazmamart"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Tazmamart&nbsp;ou&nbsp;Tazmamert, \u00e9tait une prison secr\u00e8te pour prisonniers politiques \u00e0 l&rsquo;est du&nbsp;Maroc&nbsp;dans l&rsquo;Atlas. R\u00e9put\u00e9e pour ses conditions d&rsquo;incarc\u00e9ration tr\u00e8s difficiles, elle se trouvait dans une zone d\u00e9sertique pr\u00e8s d&rsquo;Er-Rich, dans la r\u00e9gion de&nbsp;Mekn\u00e8s-Tafilalet.&nbsp;Surnomm\u00e9e \u00ab&nbsp;l&rsquo;Alcatraz&nbsp;marocain&nbsp;\u00bb, on raconte qu&rsquo;il \u00e9tait impossible de s&rsquo;en \u00e9vader \u00e0 cause du d\u00e9sert tr\u00e8s aride qui l&rsquo;entourait. La ville la plus proche, Errachidia, se trouvait \u00e0 50&nbsp;km. Entre 1972 et 1991, Tazmamart est devenue un symbole d&rsquo;oppression dans l&rsquo;histoire politique du Maroc contemporain&nbsp;durant les&nbsp;ann\u00e9es de plomb. Kilikis, la cit\u00e9 des Hiboux, film marocain, retrace l&rsquo;histoire de cette prison.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le film aborde, pour la premi\u00e8re dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma marocain, la prison secr\u00e8te de Tazmamart qui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux prisonniers politiques dans les ann\u00e9es 1970 et qui a inspir\u00e9 Tahar Ben Jelloun pour son roman \u00ab Cette aveuglante absence de lumi\u00e8re \u00bb (2001).&nbsp;Sans \u00e9voquer directement Tazmamart ni le pays, Azalarab Alaoui, qui puise dans la fiction une mati\u00e8re historique encore vivace, a imagin\u00e9 un village-forteresse, appel\u00e9 \u00ab Douar El Boum \u00bb (La cit\u00e9 des hiboux), enti\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9 par les militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le village, qui est reli\u00e9 \u00e0 la forteresse par un pont suspendu sur un ravin profond, est situ\u00e9 dans le Haut Atlas. La vie tourne presque au vide. L\u2019unique \u00e9cole a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e par les militaires et les familles des gardiens de la forteresse-prison interdisent \u00e0 leurs enfants la scolarisation. L\u2019unique enseignant du village, qui s\u2019est oppos\u00e9 \u00e0 la construction de la prison, a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 au point de perdre la raison. \u00ab Je suis analphab\u00e8te et je surveille ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00bb, lance le caporal Ahmed \u00e0 Wafa, venue lui demander de laisser sa fillette aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Wafa a rencontr\u00e9 le refus partout alors qu\u2019elle est revenue de la ville pour rouvrir l\u2019\u00e9cole. Wafa est la fille du gardien Sa\u00efd. Un simple soldat qui semble pris par des remords. Il aide \u00e0 chaque fois le fkih (l\u2019imam) \u00e0 enterrer les d\u00e9tenus qui d\u00e9c\u00e8dent. On ne sortait de Tazmamart que les pieds devant durant \u00ab les ann\u00e9es de plomb \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des prisonniers en hors champs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Hassan, fils de l\u2019imam, est quelque peu r\u00e9volt\u00e9 par la situation. Li\u00e9 \u00e0 Wafa, il parle sans cesse de ce qui se passe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Forteresse, tenue par un colonel qui n\u2019exprime sa piti\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de sa chienne La\u00efka. Lorsque le fikh d\u00e9couvre que son fils Amine est mort en prison, les \u00e9v\u00e9nements s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Personne ne peut continuer ind\u00e9finiment \u00e0 imposer son arbitraire aux autres. Viendra toujours un matin o\u00f9 le soleil brillera \u00bb, a confi\u00e9 Azlarabe Alaoui, lors d\u2019une rencontre avec la presse, apr\u00e8s la projection du film. Il s\u2019est appuy\u00e9 sur la fameuse expression, \u00ab ils pourront couper toutes fleurs, ils n\u2019emp\u00eacheront pas la ru\u00e9e du printemps \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9aste a soigneusement \u00e9vit\u00e9 de montrer le visage des prisonniers. Tout le film est racont\u00e9 \u00e0 travers le quotidien p\u00e9nible des gardiens, tenus de rester debout toute la journ\u00e9e devant la grande porte de la forteresse. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat du long m\u00e9trage qui non seulement aborde un sujet rest\u00e9 tabou pendant longtemps au Maroc mais qui d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e que l\u2019ignorance est la plus grande prison pour l\u2019homme. \u00ab L\u00e0, o\u00f9 l\u2019ignorance s\u2019installe, les drames suivent \u00bb, a appuy\u00e9 le cin\u00e9aste. L\u2019attitude quelque peu n\u00e9gative de l\u2019imam, qui \u00e9tait au courant de tout, sugg\u00e8re que la religion peut \u00eatre utilis\u00e9e m\u00eame dans les situations inacceptables sur le plan humain et moral. \u00ab Dans les pays arabes, la religion est utilis\u00e9e pour faire dormir les peuples. L\u2019imam \u00e9tait complice et ne s\u2019est r\u00e9veill\u00e9 qu\u2019\u00e0 la fin \u00bb, a not\u00e9 Azlarabe Alaoui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Effet miroir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au Maroc, \u00e0 la sortie du film en mars 2018 au Festival du film de Tanger, les anciens d\u00e9tenus de Tazmamart ont critiqu\u00e9 le long m\u00e9trage. \u00ab Ils n\u2019ont pas accept\u00e9 que les visages des prisonniers ne soient pas montr\u00e9s. Mon approche \u00e9tait de montrer la souffrance des d\u00e9tenus dans le regard des gardiens. C\u2019est un effet miroir. Quand on veut sacraliser quelqu\u2019un, notamment dans les films religieux, on fait dispara\u00eetre ses traits de l\u2019\u00e9cran. L\u2019endroit montr\u00e9 dans le film peut \u00eatre dans n\u2019importe quel pays o\u00f9 les droits humains ne sont pas respect\u00e9s. C\u2019est pour cette raison que je n\u2019ai pas voulu titrer le film \u00ab Tazmamart \u00bb. Douar El Boum, lui, est un endroit fictif. J\u2019ai eu recours aux effets visuels pour cr\u00e9er des espaces qui n\u2019existent pas \u00bb, a soulign\u00e9 Azlarabe Alaoui.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a rencontr\u00e9 les anciens d\u00e9tenus de Tazmamart pour leur dire que \u00ab La cit\u00e9 des hiboux \u00bb est une fiction, pas un documentaire. Par le pass\u00e9, deux films marocains ont \u00e9voqu\u00e9 la question des droits de l\u2019Homme au Maroc dans les ann\u00e9es 1970, \u00ab La chambre noire \u00bb de Hassan Bendjeloun et \u00ab Djohra bent el habs \u00bb de Saad Cheraibi. Mais, aucun cin\u00e9aste n\u2019a abord\u00e9 Tazmamart, une prison, construite au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, dans la r\u00e9gion d\u2019Errachidia. Elle a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e en 1991.<\/p>\n\n\n\n<p>Source : <a href=\"http:\/\/www.maglor.fr\/maglor\/selection\/%C2%AB-la-cit%C3%A9-des-hiboux-%C2%BB-premier-film-marocain-sur-tazmamart\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/www.maglor.fr\/maglor\/selection\/%C2%AB-la-cit%C3%A9-des-hiboux-%C2%BB-premier-film-marocain-sur-tazmamart<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tazmamart&nbsp;ou&nbsp;Tazmamert, \u00e9tait une prison secr\u00e8te pour prisonniers politiques \u00e0 l&rsquo;est du&nbsp;Maroc&nbsp;dans l&rsquo;Atlas. 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